Rapport annuel 2020-2021

Une année d'exception

Une année hors de l’ordinaire vient de s’écouler pour UPA Développement international (UPA DI). Certains la qualifieraient même d’exceptionnelle…

… tout comme les productrices et producteurs agricoles de partout dans le monde qui continuent leur travail malgré les embûches sanitaires, climatiques, techniques, économiques et sociales;

… tout comme les services collectifs des organisations professionnelles agricoles qui permettent d’améliorer le sort des familles paysannes;

… tout comme les femmes qui jouent un rôle essentiel au sein des exploitations familiales;

… tout comme la capacité d’adaptation de nos partenaires et de notre équipe pour innover et configurer la programmation à ce contexte si particulier, tout en gardant le cap vers les objectifs poursuivis;

… tout comme les agricultures du monde qui doivent compter sur une convention internationale permettant de les traiter autrement que sous le seul angle commercial afin de réellement développer l’autonomie alimentaire des nations.

Bonne lecture!

L'agriculture, l'exception qui confirme les règles
de l'autonomie alimentaire

Message du président

Marcel Groleau
Président du conseil administration

Ces derniers mois, à travers la planète, toutes les populations ont été touchées de près ou de loin par la pandémie de la COVID-19. Cette crise nous a fait réaliser à quel point la filière alimentaire est fragile. Plusieurs pays ont dû rebondir rapidement pour s’assurer de la disponibilité de la main-d’œuvre dans ce secteur vital. Plusieurs pays ont craint que le transport des marchandises soit perturbé alors que, de plus en plus, notre alimentation dépend des importations. Tout cela a amené nos gouvernements à insister sur la nécessité d’améliorer notre autonomie alimentaire.

Message du secrétaire général

Hugo Beauregard-Langelier
Secrétaire général

C’est sans surprise que nous pouvons qualifier la dernière année d’exceptionnelle. Elle restera à tout jamais marquée dans les livres d’histoire. La question est de savoir si la relance postpandémique sera aussi exceptionnelle… En d’autres mots, est-ce que les prochaines années seront un tremplin historique pour nous propulser plus loin, plus vite? Ou est-ce que la vie d’avant va simplement reprendre, là où nous l’avons laissée en mars 2020? L’écueil qui nous guette est de répéter les mêmes erreurs et d’en espérer des résultats différents.

Nos résultats de l'année en chiffre

Des missions à remplir

  • 15 missions malgré la pandémie
  • 9 sur le terrain et 6 à distance
  • 26 experts à l’oeuvre

Et du monde à former

  • 1 067 personnes formées dont 687 femmes
  • 345 jours de formation

Des hommes et
des femmes à appuyer

  • 5 680 000 membres
  • 34 organisations agricoles partenaires
  • 7 pays d’intervention

Qui ont des produits
à récolter

  • 82 000 t de céréales
  • 300 t de légumineuses
  • 38 t de fruits et légumes
  • 25 t d’oléagineux
  • 529 t de viande

Pour mieux nourrir

  • 1 407 588 personnes

Notre chiffre d'affaires annuel : 6 075 039 $CA

  • 63,6 % AMC
  • 6,9 % Contribution en nature
  • 17,3 % Autres partenaires financiers
  • 1,5 % UPA et fédérations affiliées
  • 10,7 % Autres revenus

Message du président

Ces derniers mois, à travers la planète, toutes les populations ont été touchées de près ou de loin par la pandémie de la COVID-19. Cette crise nous a fait réaliser à quel point la filière alimentaire est fragile. Plusieurs pays ont dû rebondir rapidement pour s’assurer de la disponibilité de la main-d’œuvre dans ce secteur vital. Plusieurs pays ont craint que le transport des marchandises soit perturbé alors que, de plus en plus, notre alimentation dépend des importations. Tout cela a amené nos gouvernements à insister sur la nécessité d’améliorer notre autonomie alimentaire.

Ce fut la démonstration quasi parfaite du caractère hautement essentiel des secteurs de l’agriculture et de la production des aliments. La raison pour laquelle nous soutenons depuis plusieurs années que l’agriculture devrait être traitée de façon exceptionnelle dans nos ententes commerciales internationales.

Depuis l’avènement de l’Organisation mondiale du commerce en 1994, on a tenté de libéraliser le commerce agricole. On voulait faciliter les échanges d’aliments ou de denrées agricoles et abolir les barrières tarifaires sous prétexte d’éliminer les subventions et donc, le coût de l’alimentation. On connaît la suite : tout cela ne s’est pas vraiment réalisé! Les subventions sont demeurées et elles sont encore à des niveaux très élevés, notamment aux États-Unis et en Europe. Les pays importateurs ont eu de la difficulté à développer leur agriculture en raison du dumping qui s’est poursuivie.

C’est ce qui nous a amené au Québec à créer la Coalition pour l’exception agricole et alimentaire. Une coalition réunissant de plus en plus d’organisations qui militent pour plus d’autonomie alimentaire. Une coalition qui demande que les gouvernements assument leur souveraineté alimentaire et du même souffle améliore la sécurité alimentaire de leur population. Le fait d’en parler maintenant davantage, le fait que l’ONU organise cette année un Sommet mondial sur les systèmes alimentaires, le fait qu’elle nous interpelle pour avoir notre point de vue sur la question, est vraiment une bonne nouvelle! Nous avons d’ailleurs répondu à cet appel en organisant cette année « Le dialogue Nourrir durablement l’humanité ». À cette occasion, UPA DI a invité plusieurs de ses partenaires à participer et une dizaine de pays étaient représentés lors de notre événement ce qui fût assez exceptionnel dans le cadre des consultations menées actuellement par la FAO.

D’autres étapes sont en préparation et nous devons tous ensemble saisir cette occasion de demander à nos gouvernements des politiques qui favorisent l’autonomie alimentaire avec comme pierre d’assise un traitement d’exception pour l’agriculture et l’alimentation.

C’est à cette seule condition que l’on pourra nourrir durablement l’humanité, maintenir la biodiversité sur la planète, économiser nos ressources en eau et en terres arables, mieux protéger nos terres agricoles et surtout s’occuper des gens les moins riches afin de leur assurer un accès à des aliments sains en quantité suffisante.

Depuis plus de 25 ans, UPA DI soutient les organisations paysannes dans leur parcours vers l’autonomie alimentaire. Elle est également partenaire de la Coalition pour l’exception agricole et alimentaire du Québec. Merci à tous pour votre engagement tout au long de cette année des plus exceptionnelles.

Message du secrétaire général

C’est sans surprise que nous pouvons qualifier la dernière année d’exceptionnelle. Elle restera à tout jamais marquée dans les livres d’histoire. La question est de savoir si la relance postpandémique sera aussi exceptionnelle… En d’autres mots, est-ce que les prochaines années seront un tremplin historique pour nous propulser plus loin, plus vite? Ou est-ce que la vie d’avant va simplement reprendre, là où nous l’avons laissée en mars 2020? L’écueil qui nous guette est de répéter les mêmes erreurs et d’en espérer des résultats différents.

En ce sens, les leçons de la pandémie sont riches en enseignements. Sous l’angle des systèmes alimentaires, la pandémie a surtout élargi les failles des systèmes existants. Pénuries ou surplus d’aliments dans plusieurs pays selon leur dépendance au commerce international, baisse de la demande solvable de millions de consommateurs aux emplois précaires, difficultés d’écoulement des produits agricoles par les agriculteurs et agricultrices qui ont vu depuis plusieurs années leur rapport de force s’effriter face aux grands acheteurs.

Dû au caractère universel de la pandémie, ces constats ont trouvé écho au sein de la population et des solutions émergent également. L’autonomie alimentaire est l’une d’elles. L’aspiration des peuples à subvenir à leurs besoins alimentaires, à maintenir une diversité de l’offre et à permettre un accès facile aux produits pour tous, est partagée par nos partenaires. Du Sénégal, en passant par le Bénin jusqu’au Québec, cette idée fait du chemin.

L’enjeu de l’autonomie alimentaire est de rééquilibrer les forces en présence. Ceci permettra de concilier plus équitablement les impératifs de développement local et de commerce international, tout en y incluant les préoccupations environnementales grandissantes.

Bien avant la COVID, UPA DI accompagnait déjà les organisations professionnelles agricoles dans le rééquilibrage des rapports de force en faveur de leurs membres. La conjoncture actuelle est certes des plus favorables au développement de cette stratégie. Avec nos partenaires, nous devons la saisir et l’utiliser comme tremplin. Ainsi, l’autonomie alimentaire pourra être propulsée comme solution porteuse et transformatrice des systèmes alimentaires.

L’atteinte de ce résultat nécessitera des actions collectives et inclusives de même qu’une forte mobilisation des agriculteurs et agricultrices. Elle nécessitera également des outils juridiques pour que l’agriculture et l’alimentation bénéficient d’un cadre exceptionnel, car le droit à une alimentation durable ne doit plus uniquement être traité sous l’angle commercial.

Ce projet transformatif aborde les préoccupations grandissantes de plus en plus d’organisations professionnelles agricoles du monde. Ce projet permet aussi à ces organisations de s’inscrire activement dans la relance postpandémique.

Enfin, après cette année éprouvante, mais riche en défis, je tiens sincèrement à remercier tous nos partenaires terrain, d’intervention et financier. Je veux également remercier l’UPA et ses membres qui continuent leur appui à UPA DI et qui contribuent à en faire une organisation qui leur ressemble.

En terminant, je ne serais pas avec vous aujourd’hui sans l’engagement et le dévouement de toute l’équipe d’UPA DI.